Peintures

Arno passe une partie de l’année à l’étranger pour travailler, puis regagne Nantes afin de peindre. C’est peut-être la partie la plus intime de son expression, celle qu’il pratique de manière très solitaire. Il s’isole, branche la musique, et se pose devant la toile. L’imagination s’exprime à la verticale… De même qu’il utilise de vieux appareils photo, Arno recourt à d’anciens procédés picturaux – des pigments naturels (végétaux ou minéraux) qu’il prépare lui-même, des vernis, des feuilles d’or ou d’argent – afin de retrouver le plaisir sensuel de peindre, inventer des effets de lumière et de matière. La palette du peintre est subtile et assourdie bien qu’il ait ramené d’Inde des kilos de pigments fleuris. Peut-être même de ceux qui sont destinés à la fête des couleurs (Holî) se déroulant au début du printemps quand tout le monde s’habille de blanc avant de s’asperger les uns les autres de pigments – issus du margousier, du safran, du cucurmin, du palash – et de danser sous les jets colorés dans un joyeux déchaînement. L’harmonie tonale de ses tableaux, proches des ocres naturelles, suit une autre leçon de Vinci affirmant en 1492 que « l’ombre [est] plus puissante que la lumière ». Comme c’est un de ses artistes préférés, je ne résiste pas à la tentation d’ajouter cette citation du maître italien : « Seule la peinture montre une merveille à ceux qui la contemplent, car elle donne du relief à ce qui n’existe pas et l’impression de sortir des murs, mais les couleurs ne font honneur qu’à ceux qui les fabriquent, car en elles rien n’est source d’étonnement, hormis leur beauté et celles-ci n’est pas due au peintre, mais à celui qui les a créées. » Sur ses toiles, les couleurs « agitent leurs ailes » dans le scintillement des feuilles d’or ou d’argent qui font disperser la lumière ; il ajoute une couche de vernis alors que d’anciennes recettes préconisaient de les faire briller avec une « dent d’ours sauvage ».La peinture d’Arno n’est ni tout à fait réaliste, ni tout à fait naturaliste. Il peint ses propres paysages intérieurs : des femmes à la beauté universelle, des rêves ou des fantasmes de la féminité, de la rencontre humaine et amoureuse, des synthèses de toutes les femmes, d’une déesse représentant la beauté, l’amour et la création. Il peint inlassablement le thème de l’alter ego inatteignable. Un sujet absent de ses photographies. Arno dit avoir trois références en peinture, trois artistes dont il cherche inlassablement à tout savoir : Vinci, Klimt et Warhol… d’où cette figure, sorte de « Joconde », répétée à l’infini et parée comme une princesse orientale. Il œuvre toujours de la même manière : au bout de la main et du fusain, naissent sur la toile des corps nus, lascifs et abandonnés, qui peu à peu sont habillés de couleurs délicates. Ils deviennent hiératiques dès lors qu’ils sont parés de drapés luxueux et baroques épousant leurs contours ou dissimulant leurs formes sensuelles. Ses aplats composés de feuilles d’or et d’argent font penser bien sûr à Klimt mais aussi aux mosaïques byzantines : ces femmes, devenues des grâces stylisées, attirent et reflètent la lumière. S’il peut paraître étonnant de voir un jeune designer recourir à un langage maniériste dans le seul domaine de la peinture, il exprime là une pensée abstraite, en quête d’atemporalité.

Anne Egger

Saylor 1
Série en cours 

ARNO PEINTURES

 

Peinture murale 
Série en cours

ARNO PEINTURES

 
 

 

Kabuki

 

 

Calligraphie

 
 

 

Le loin est beau

ARNO PEINTURES
 
 
 
 
 

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